0
Posted 11 septembre 2012 by admin in Articles
 
 

Halte aux regimes qui depriment !

Sophrologie et Regime

« Une taille en moins ! Maigrir en 5 jours ! Une cure de choc et vous perdez 5 cm par semaine ! » Le sensationnel rencontre toujours une large audience. Le discours des régimes miracle est certes séduisant, il substitue le rêve, les fantasmes aux contraintes de la réalité.

regime-sophrologie

Halte aux régimes qui dépriment !

Aujourd’hui nutritionnistes et diététiciens sont confrontés à un problème insoluble  car la diététique ne permet pas de mincir à long terme, mais la demande est telle que la plupart des praticiens continuent à prescrire des régimes plus ou moins draconiens. Tous sont fondés sur des systèmes manichéens et totalitaires avec les bons aliments à privilégier et les mauvais à éviter. Pour mincir, le discours alimentaire est des plus fluctuants : hier on nous a conseillé de supprimer le sucre, puis de  réduire le gras, on a évoqué les heurts et malheurs des sucres lents : pain, pâtes, riz, pommes de terre.

De nouveaux messages sont venus les réhabiliter. Aujourd’hui, on affirme, d’ailleurs à bon escient, que leur absorption éviterait de se ruer sur du sucre rapide, en l’occurrence les pâtisseries, les sucreries, qui se transformeraient en graisse. Toutes ces contradictions n’ont fait qu’accroître notre confusion et notre relation à la nourriture s’est totalement dénaturée.

Depuis les années soixante dix, notre société fabrique des gros et dans le même temps les condamne à maigrir sous peine d’exclusion. Nous sommes tous plus ou moins au régime et, pourtant, il y a de plus en plus d’obèses ! Comme l’attestent des études scientifiques réalisées dans différentes unités hospitalières, 85 à 90 % des personnes en traitement ont repris leur poids d’origine, voire plus, dans les trois à cinq ans qui ont suivi. La majorité des cures se soldent donc par un échec à long terme. Pourquoi après une période de restriction, reprenons-nous tous nos kilos ?

Le régime est l’un des plus grands pourvoyeurs de l’obésité. Il nous enferme dans un processus d’aliénation avec une alimentation impersonnelle, moralisatrice, semée d’interdits nous entraînant dans le cercle vicieux de la frustration et de la compulsion. On se concentre exclusivement sur cet hyper contrôle alimentaire avec tout un système de privations et de contraintes où chaque écart est vécu dans la culpabilité.

Ce rythme ne peut être maintenu à long terme.  Après la restriction, nous sombrons dans la phase de dérapage et de « ras le bol » vécue sur le mode compulsif. La balance oscille sans cesse entre le pire et le meilleur. Plus les interdits sont puissants et stricts, plus les pertes de contrôle sont dévastatrices. De tels agissements provoquent des troubles du comportement alimentaire, car dès que nous relâchons, nous risquons de sombrer à nouveau dans l’anarchie où saucisson, fromage, chocolat etc.. sont engloutis avec avidité. C’est ainsi que les kilos s’empressent de revenir.

Les pertes de contrôle sont alors suivies d’un sentiment de honte, écornant un peu plus l’estime de soi. Le contrôle amène la perte de contrôle qui nous confirme qu’il y a lieu à nouveau de contrôler ! Ce fonctionnement, épuisant psychologiquement, nous conforte un peu plus dans l’auto dévalorisation et, à la longue, nous n’en sortons pas indemnes.

La plupart du temps, le régime échoue car nous ne mesurons pas objectivement à quel point nos émotions pèsent dans la balance. Une contrariété, une colère rentrée et les belles résolutions s’effondrent, on se venge sur les douceurs qui nous font tant défaut ; l’appétit est toujours à la mesure de la frustration qui l’a précédé.

Claire raconte :

http://www.michelefreud.com/chronique-halte-aux-regimes-qui-depriment-1040.html L’article a été lu : (160)