Si on prenait le temps de souffler ?
ichele Freud nous raconte comment se servir de la Sophrologie pour nous aider à « souffler »
A la naissance, la respiration marque le premier langage que nous utilisons pour traduire notre appartenance au monde, notre relation à la vie. La respiration participe au cycle de l’énergie indispensable à chaque être ; elle est l’une des principales fonctions organiques qui assurent la vie. La sagesse populaire traduit bien cette relation aux cycles de l’énergie vitale. « On a le souffle coupé » lorsqu’une émotion nous saisit, « on est à bout de souffle » lorsqu’une activité s’éternise, « on perd son souffle, on soupire de soulagement, on reprend son souffle, on rend son dernier souffle. ». Toutes les traditions évoquent le premier souffle de l’homme et le relie à la notion d’énergie vitale.
Le souffle de la vie, c’est la recherche de la paix intérieure dans certaines cultures.
« Lorsque nous respirons, nous participons inconsciemment au grand mystère universel » expose Graf Dürckheim. Pour les hindous, l’air que nous respirons contient le « prana », la force vitale qui nous régénère. Les Japonais considèrent le ventre comme le centre vital de l’homme, le « hara ». L’homme « centré » est celui dont le point de gravité repose, inébranlable, dans le hara. Il est censé être équilibré, calme, bien dans sa peau, bien dans son corps et dans sa vie. La plupart du temps, notre respiration est haute, superficielle, saccadée, à l’image de notre rythme de vie : haletant, perturbé, effréné. Évoluant dans un état permanent de stress, nous respirons insuffisamment pour assurer les échanges profonds qui garantissent l’équilibre physiologique et psychique de notre être.
L’éducation, le stress et les diktats de la mode semblent largement influencer notre façon d’être et de respirer. Corps et abdomen emprisonnés dans des tenues vestimentaires corsetées, éducation rigide, émotions réprimées, autant de paramètres qui modifient ou atrophient notre souffle. La respiration constitue le baromètre de notre état intérieur. Lorsque nous sommes tendus, fatigués, affectés, notre respiration a tendance à s’altérer, l’émotion en réduit l’amplitude, l’angoisse l’étouffe, la peur l’étrangle, le stress l’oppresse.
Notre santé, notre état d’esprit, notre force créatrice, dépendent de l’apport d’oxygène fourni par la respiration. Le calme, la détente s’accompagnent d’une respiration paisible, abdominale. Une bonne respiration mobilise l’ensemble du diaphragme et permet de retrouver rapidement un bien-être, tant physique que psychologique ; elle régénère l’organisme, les toxines s’éliminent plus aisément par l’expiration. La respiration exerçant un rôle purificateur, les défenses immunitaires sont stimulées, la fatigue diminue. Elle possède également une action bienfaisante au niveau du tissu cérébral, favorisant toutes les capacités de mémorisation, de concentration. Notre cerveau droit, peu sollicité, retrouve toutes ses facultés de créativité grâce à une bonne oxygénation.
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